Face your fears

1 avril 2016

Vous connaissez ces gens qui ont peur de tout, presque même de leur ombre ? Eh bien… Tadam..!

Depuis ma plus tendre enfance, je suis une pétocharde. Une vraie, une dure. Je tiens ce charmant surnom de mon cher Papa, qui a toujours été fasciné par ma trouillardise (et passablement navré aussi, faut l’admettre), et cette charmante « qualité » de ma Maman, tout aussi pétocharde que moi… La vie d’une pétocharde n’est pas de tout repos, croyez moi ! Sans cesse sur le qui-vive, à se retourner le cerveau de mille et une questions existentielles à deux balles…

J’ai toujours eu tendance à craindre le moindre changement. J’anticipe tout, depuis toujours. Croyez moi, ce n’est pas facile tous les jours, car non seulement vous vivez toutes vos émotions puissance mille, mais en plus vous devez tenter de prendre sur vous en permanence pour ne pas que cela se ressente dans vos attitudes. Le sentiment qui prédomine chez moi est et restera la peur. La peur de mal faire, la peur de décevoir, la peur de ne pas être aimée, la peur d’être abandonnée… J’ai peur, que voulez-vous… Évidemment, je la maîtrise plus ou moins bien selon les situations. Mais parfois j’avoue, je la laisse me submerger.

Le plus dur pour moi a été de tenter d’analyser ce qui m’effrayait le plus. Nous avons tous des angoisses, des peurs qui nous tenaillent et que nous devons parfois affronter. C’est humain… Le tout reste de ne pas les laisser prendre le dessus sur nos vies, de toujours avoir le contrôle. Et parfois ce contrôle, je le perds.

Je l’ai perdu lorsque j’ai échoué en pharmacie suite à mon départ sur Nantes, et que ma santé s’est subitement dégradée. Je l’ai perdu lorsque Maman est entrée en soins palliatifs, et lorsque je me suis gravement disputée avec mon copain. Je l’ai perdu lorsque Papa s’est retrouvé seul, et lorsque mes repères se sont effondrés. Et j’ai compris.

Je ne maîtrise pas la peur de l’abandon. Celle d’être laissée sur le bord de la route, livrée à moi-même. Celle de perdre un à un ceux que j’aime, de les sentir s’éloigner de moi, partir… Mon coeur est une enceinte ultra protégée dont l’accès n’est réservé qu’à une élite de « privilégiés« . Et quand cette élite menace de s’envoler, il se brise en mille morceaux. Perdre Maman a sûrement été la pire douleur qu’il ait connu, la plus atroce, la plus insupportable. Mais depuis, il ne cesse de m’envoyer une multitude de signaux d’alarmes. Pour tous ceux qui sont encore là, et qu’il aime démesurément. Comme un cri de détresse, un appel au secours. Oui mais… Aucune certitude n’existe dans une vie. A tout moment, quelqu’un peut vous quitter. Volontairement, involontairement. Il peut s’éloigner, ou disparaître. Et vous laisser seul avec votre peine et votre douleur.

Voilà ce que je dois apprendre : apprendre à vivre avec cette incertitude, avec ces angoisses. Apprendre à les tourner en force : apprendre à profiter à 200% de toutes ces personnes que j’aime tant. Ne plus réfléchir, ne plus me projeter. Juste les aimer, de tout mon coeur, leur dire, le vivre. Et laisser les chaînes de mes peurs loin derrière moi. Car c’est aussi ce qui rend cet attachement si magique : il ne tient qu’à un fil.

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