Hypersensible

Je suis casse-pied. Je prends tout au 1er degré, j’ai du mal à relativiser. J’ai tendance à prendre la moindre remarque comme une attaque. Je rougis au plus insignifiant compliment, je pleure à chaudes larmes quand j’écrase un hérisson en voiture, je sursaute au moindre petit craquement. Je ne dors pas bien, car je ressasse beaucoup de choses au coucher. J’ai toujours la sensation de ne pas être à la hauteur. Je crains qu’on ne m’aime pas, que l’on ne me trouve pas assez compétente. J’ai peur que mon amoureux se lasse de moi. Je ris de bon coeur à des idioties, je stresse à chaque match de tennis de Roland Garros. Je suis capable de pleurer toutes les larmes de mon corps pour quelque chose que j’avais finalement compris de travers. Je me fais une montagne de pas grand chose. J’aime démesurément, je hais parfois tout autant.

Mais à côté de ça… Je ressens intensément les moments d’apaisement, je m’émerveille devant des paysages parfois des plus banals, je pourrais passer des heures à observer un ciel étoilé sans nuage le coeur rempli de joie. Je déborde d’amour quand on me serre affectueusement dans ses bras, je gagatise complet quand mon petit lapinou me fait un câlin, je savoure chaque minute passée au soleil, au calme… Je ressens profondément les émotions des gens : leurs moments de doutes, de peurs, de joie, de méfiance, de lâcher-prise. Je pleure aussi facilement de joie que de tristesse.

Je suis hypersensible.

J’ai toujours vécu cet aspect de ma personnalité comme un fardeau. Il entraînait une émotivité parfois trop dure à gérer, une impulsivité qui m’a valu bien des larmes, des réactions que j’ai énormément regrettées. Mais… Ce côté sensible m’a aussi permis de découvrir des tas de choses merveilleuses, d’être la « confidente » , celle à qui on aime parler de ses soucis sans crainte d’être jugé. Il me permet de vivre pleinement les petits moments de bonheur qui apparaissent entre les trop innombrables nuages gris de ces derniers mois. Il fait partie de moi.

Pour continuer à avancer, je dois apprivoiser cette facette de ma personnalité. La canaliser dans certains cas, la libérer dans d’autres. Je suis émotive, hypersensible, impulsive, oui… C’est un défaut, oui. Mais c’est aussi une qualité, c’est ce qui me rend humaine, vivante. C’est ce qui fait de moi quelqu’un de différent, c’est ce qui me fait moi. La vie n’a pas toujours été tendre envers ma famille ces dernières années, et continue à nous mettre des bâtons dans les roues. Mais je ne vais rien lâcher.

Parce qu’aujourd’hui, à bientôt 25 ans, il devient urgent que j’apprenne à m’aimer, tout simplement. Pour ce que je suis, pour ce que j’ai été, pour ce que je souhaite devenir. Que j’accepte ces erreurs qui ont jalonnées ces dernières années, que j’envisage enfin d’avancer en laissant cette foutue culpabilité derrière moi.

L’hypersensibilité n’est pas une faiblesse, elle est une preuve de notre humanité.

« La nature prouve qu’elle nous veut du bien puisqu’en nous donnant des larmes, elle nous donne le meilleur : la sensibilité. » Juvénal

Et vous alors, plutôt sensible, coeur de pierre ?

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2 thoughts on “Hypersensible

  1. J’aime à me montrer comme l’insensible, celle qui ne réagit pas et qui prend tout à la légère. Pourtant, au fond … Ton texte m’a touchée, parce c’est ce que je ressens. Parce que je pleure pour rien et je ne sais pas m’énerver. Parce que, comme toi, voir les étoiles ou le soleil levant me serre le cœur.
    Je pense que le cœur de pierre est plutôt sensible 😉

    1. Eh oui, souvent les coeurs de pierre sont tout fondants à l’intérieur ;). Il faut chérir ces émotions, c’est ce qui nous rend humains :).

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