Le jour où j’ai dit STOP aux hormones de synthèse

29 mars 2016

Après le scandale des pilules de troisième génération et la recrudescence des cancers du sein, beaucoup de femmes se posent à raison la question de leur contraception : changer de pilule, passer à l’implant, à l’anneau, au stérilet ? A quel prix ? Quels avantages à ces changements ?

Pour ma part, je me suis décidée à sortir de l’ombre pour vous parler de MON moyen de contraception à moi, encore victime de bien trop de préjugés et d’idées reçues. Pourquoi ? Parce que j’en ai marre de tout ce que je peux entendre à son sujet lorsque l’on me demande quel type de contraception j’ai choisi.

Histoire que vous compreniez un peu mieux mon choix, petit retour en arrière sur mes antécédents contraceptifs. Comme tous les jeunes femmes de 18 ans tout juste engagées dans une relation de couple stable, je saute le pas en 2009 et réclame la pilule à mon généraliste. Je ne savais pas à l’époque dans quelle galère je me lançais. Et le bordel était lancé : saignements n’importe quand, règles douloureuses (bien plus douloureuses qu’au naturel), poitrine extrêmement sensible, nausées, vomissements, libido à zéro, fatigue, moral dans les chaussettes, perte d’appétit, bref, l’horreur. Quatre pilules radicalement différentes plus tard, j’assène à mon gynécologue actuel que je ne veux plus de ces « merdes » qui visiblement ne m’apportent que des soucis. [ Je tiens tout de même à préciser ici qu’en aucun cas je ne cherche à diaboliser la pilule, loin de là ! Elle peut se révéler formidable pour certaines. Chaque femme est différente, chacune réagit différemment, et c’est bien pour cela que nous devrions toutes pouvoir choisir NOUS-MÊMES quelle est la contraception la mieux adaptée pour nous… En toute connaissance de cause. ] Presque en pleurant, j’explique à mon gynécologue que je n’en peux plus, que je ne veux PLUS JAMAIS d’hormones de synthèse. D’abord réticent, il a écouté avec attention mes arguments : le cancer du sein de Maman, mes effets secondaires avec toutes les pilules, mon ras-le-bol, et ma décision ferme et irrévocable de me faire poser un DIU cuivre (= Dispositif Intra Utérin non hormonal, encore appelé vulgairement « stérilet »). Je m’attendais à une heure de sermons sur le fait que j’étais trop jeune, que je n’avais jamais eu d’enfant et patati et patata et… Au lieu de cela, il m’a juste dit ces quelques mots : « Très bien. Je vous fais la prescription. On se revoit à vos prochaines règles pour la pose » .

Et « l’aventure non-hormonale » était lancée. Me voilà ressortie du cabinet avec mon ordonnance pour un « TT 380 short ». La pose a eu lieu le 19 Avril 2012, et depuis, ce n’est que du bonheur pour moi. Voilà pourquoi je me décide à vous faire un petit topo à son sujet.

1. Le DIU Cuivre, késako ?
Il s’agit un petit bout de plastique entouré de cuivre en forme de « T » que votre gynécologue insère dans votre utérus, et qui agit comme contraceptif grâce à l’action spermicide du cuivre qui tue les spermatozoïdes. La femme retrouve donc ses cycles naturels, et son ovulation.

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2. Qui peut se le faire prescrire, comment se déroule la pose ?
Toutes les jeunes femmes en âge de procréer peuvent se le faire prescrire, contrairement aux idées reçues. Il n’y a pas besoin d’avoir déjà eu un enfant pour en porter un (j’en suis la preuve vivante). Votre généraliste, votre gynécologue, ou même votre sage-femme peuvent vous le poser.
La pose se déroule pendant vos règles de préférence, car votre col de l’utérus est en général plus ouvert à ce moment-là de votre cycle. Mais une pose en dehors reste tout à fait possible. Pour commencer, le médecin commencera par badigeonner votre col de bétadine pour que tout soit bien stérile, puis il mesurera la taille de votre utérus en utilisant un hystéromètre, une petite tige graduée qu’il insèrera par votre col. Une fois cette mesure terminée, il insèrera le DIU replié dans un petit tube inserteur en le libérant à la mesure relevée. Une petite coupe des fils de retrait pour qu’ils ne gênent pas votre partenaire durant les câlins, et le tour sera joué.

3. Est-ce que la pose fait mal ?
Oui et non. Tout dépend des femmes. Pour ma part, je n’ai ressenti qu’une bonne contraction au moment du déploiement du DIU dans mon utérus, et des douleurs de règles pendant quelques jours ensuite, rien de plus. Pas de malaise, rien d’insurmontable. Certains médecins prescrivent de l’ibuprofène, un anti-spasmodique ou même du Cytotec avant la pose pour aider à limiter la douleur et l’ouverture du col, ce n’est en rien une obligation. Mieux vaut même se passer du Cytotec dans la mesure du possible, car il provoque des contractions douloureuses qui peuvent même augmenter dans certains cas les risques de rejet du DIU post-pose (qui restent heureusement très rares).

4. Combien de temps est efficace un DIU cuivre ? Quelle est son efficacité par rapport à la pilule ?
Un DIU Cuivre est efficace 5 ans en France. On recommande une visite de contrôle par an pour vérifier qu’il est toujours bien en place, et que tout va bien. Le DIU fait partie des contraceptions les plus efficaces avec un indice de Pearl de 0,6 contre 0,3 pour la pilule oestro-progestative. Je vous conseille ce site pour en savoir plus sur les indices de Pearl.

5. Quels sont les effets indésirables éventuels, et quelles sont les contre-indications à sa pose ?
Comme toute contraception, le DIU cuivre peut provoquer quelques désagréments comme :
– Des petits saignements, notamment au niveau de l’ovulation ou avant les règles
– Des règles plus longues ou plus douloureuses
– Un éventuel risque d’expulsion, ou de déplacement du DIU bien que ça reste rare
On retrouve également les effets liés au retour aux cycles naturels, car qui dit contraception non hormonale, dit retour aux cycles naturels ! On peut donc aussi avoir un retour de l’acné, de la peau grasse, une légère perte de cheveux dans les premières semaines, et l’on retrouve les symptômes liés à l’ovulation mais également tous ses avantages : libido au plafond, bonne lubrification, moins de maux de tête pour celles qui étaient sensibles à ça sous pilule, et terminés les effets secondaires de la pilule !

Niveau contre-indications pour la pose, on retrouve les suivantes :

– Pathologie ou infection de l’utérus ou du vagin
– Infections sexuellement transmissibles
– Sensibilité au cuivre
– Grossesse suspectée ou Post-Partum
– Ménorragies, métrorragies…

6. Les fausses idées reçues :
– NON, le DIU ne rend pas stérile.
– NON, le DIU ne provoque pas d’infection. Il peut simplement faire remonter une infection déjà existante plus rapidement à l’utérus, d’où la nécessité d’avoir un partenaire stable, de bien se faire suivre, et no soucy.
– OUI, on peut prendre des AINS (anti-inflammatoires) avec un DIU sans risquer une grossesse.
– NON, il n’est pas réservé aux femmes ayant déjà eu des enfants
– NON, il n’est pas moins fiable que le préservatif.
Là encore, chaque femme réagit différemment… Pour ma part, pas de retour de l’acné, pas de peau grasse, pas de perte de cheveux, juste une véritable renaissance niveau libido, appétit… Plus de problème digestif, une vraie sensation de liberté que de retrouver MON corps et SON fonctionnement.

Pour encore plus d’informations à propos du DIU Cuivre, n’hésitez pas à passer voir ce site !

Et surtout n’oubliez jamais, la meilleure contraception pour vous restera celle que vous aurez vous-même choisie et voulue !

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